Pour la première fois, le taux de spams est descendu en dessous de la barre des 50 %, une situation qui ne s’était pas produite depuis septembre 2003. Cette information émane de Symantec, la société éditrice de la très populaire suite de sécurité Norton antivirus, qui a mené l’enquête en juin.

 

49,7 % « seulement » de spams en juin…

 

Parmi les principales menaces informatiques, les spams figurent en bonne place. En effet, ces messages indésirables ne sont plus seulement utilisés à des fins publicitaires, mais pour envoyer des pièces jointes cachant des malwares, pour véhiculer des programmes malveillants destinés à infecter l’appareil ciblé, pour voler des informations confidentielles, etc.

 

En forte hausse ces dernières années, il est tombé à 49,7 % en juin 2015 selon Symantec dans son « Intelligence Report ». Elle a analysé pour cela l’ensemble des courriers électroniques échangés entre les internautes du monde entier. Le géant de la cybersécurité souligne en outre que le taux observé est le plus bas depuis 2003, et que la décrue semble se poursuivre, avec 46,4 % de spams sur les 25 milliards de courriers analysés par la firme californienne à la mi-juillet.

 

Comment expliquer cette inversion de la tendance ? Pour Symantec, la sévérité de la justice à l’égard des responsables ont porté leurs fruits, sans compter le démantèlement de plusieurs botnets. Par ailleurs, les hackers ont de plus en plus de mal à tirer profit des « pourriels » (appellation francophone des « spams ».

 

Enfin, et il y a de quoi se réjouir, les utilisateurs prennent conscience du danger que représentent ces emails. Dans leurs solutions de sécurité, la plupart des entreprises intègrent désormais un filtre dédié à leur détection et à leur suppression de leur boîte de réception ; les particuliers s’y mettent aussi progressivement, mais l’antispam n’étant généralement disponible que dans les packs payants, son déploiement est plus long.

 

… mais 57,6 millions de nouveaux malwares

 

La mauvaise nouvelle, c’est que, parallèlement à la diminution des spams, d’autres variantes de malwares se sont créées ou se développent. Les 57,6 millions de nouvelles formes de programmes malveillants recensés en juin représentent le double de ceux identifiés  en avril (29,2 millions) ; rien qu’entre mai et juin, le nombre de malwares supplémentaires est de 13,1 millions.

 

Et malheureusement, à l’inverse des spams, qui se servent de l’email comme support exclusif, ces nouveaux logiciels exploitent d’autres canaux, notamment les réseaux sociaux, les applications mobiles et les services de messagerie instantanée, très populaires avec la montée de la navigation sur mobile. C’est sur les plateformes communautaires que le rythme de progression est le plus rapide du fait de la viralité ; The Daily Dot estime à 83 % le taux d’infections transmises par une vidéo ou un post infecté.

 

Il serait donc totalement faux de croire que le cyberespace devient plus sûr ; les activités des pirates sont loin d’avoir ralenti. Plus que jamais, particuliers, entreprises et autorités doivent joindre leurs efforts pour contribuer à réduire significativement le nombre et l’impact des attaques informatiques.